Définition

QU’EST-CE QUE LE TROUBLE OBSESSIONNEL-COMPULSIF (TOC) ?

Auparavant classé dans la catégorie des troubles anxieux, le TOC est désormais placé par la version 5 du DSM dans une catégorie à part intitulée « TOC et apparentés ».
Cette pathologie se caractérise par la présence d’obsessions, de compulsions (ou rituels) et d’évitements.

Une obsession est une pensée ou une image qui s’impose à l’esprit de manière automatique et répétitive. Elle exprime un danger, une crainte. Elle est involontaire, intrusive, envahissante et est perçue par la personne comme inacceptable, désagréable et fortement angoissante.
Une compulsion (ou rituel) est un acte ou une pensée, destinés à neutraliser et chasser l’obsession tout en calmant l’angoisse qu’elle provoque.
Un évitement consiste à éviter de vivre une situation qui déclencherait une obsession et qui de ce fait obligerait la personne à accomplir une compulsion (à ritualiser).

Le début du trouble est précoce : il se manifeste typiquement entre 8 et 18 ans, en moyenne à l’âge de 12 ans. La maladie débute après 35 ans chez seulement 15 % des patients.

Selon les estimations, le TOC touche entre 2% et 3% de la population, autant d’hommes que de femmes. Il serait ainsi la 4ème pathologie psychiatrique la plus fréquente après les troubles phobiques, les troubles liés aux addictions (alcool et stupéfiants) et les troubles dépressifs.
En réalité, les personnes concernées sont probablement plus nombreuses, le TOC restant, à ce jour, une maladie « cachée » : parfaitement conscients de l’absurdité de leurs obsessions et compulsions, les souffrants ont souvent honte d’en parler à leur entourage et cachent leurs rituels en craignant d’être pris pour des fous. Cette peur de la stigmatisation amène souvent à un sentiment de solitude voire à un vrai isolement.

Le TOC est une maladie très envahissante et qui peut devenir invalidante. Nous avons tous quelques petites manies : qui n’a jamais vérifié deux fois d’avoir bien éteint la lumière ou fermé la porte au moment d’un départ ? Qui ne s’est jamais lavé les mains deux fois après avoir touché quelque chose de particulièrement sale ? En revanche, on parle de TOC lorsque les compulsions durent plus d’une heure par jour, tout en sachant que dans les cas les plus sévères, certains patients peuvent passer jusqu’à plus de huit heures de leur journée à accomplir des rituels compulsifs, entraînant un handicap majeur dans leur vie quotidienne, familiale, sociale ou professionnelle.

La personne atteinte se sent obligée d’accomplir une compulsion ou d’éviter une situation, sous peine de malaise et d’anxiété, même si elle reconnaît que sa crainte est exagérée. Mais les compulsions et les évitements calment l’angoisse à très court terme. En réalité, ils renforcent l’obsession et entretiennent l’angoisse, provoquant une augmentation des compulsions et des évitements, et par conséquent une aggravation de la maladie. D’où l’urgence de recourir sans attendre à l’aide d’un psychothérapeute.

Les causes des troubles obsessionnels compulsifs sont inconnues, bien qu’une composante génétique non héréditaire soit suspectée. Néanmoins, les régions cérébrales impliquées dans les obsessions et les compulsions ont aujourd’hui été identifiées. Grâce aux techniques d’IRM fonctionnelle ou de magnétoencéphalographie, les chercheurs ont mis en évidence le dysfonctionnement de deux zones cérébrales distinctes dans le lobe frontal : les régions orbitofrontale et préfrontal-ventromédiale. Des zones plus profondes du cortex – les ganglions de la base – jouent également un rôle essentiel dans ces troubles.

Une grande proportion de patients souffrant de TOC présente des troubles mentaux concomitants (comorbidités). 75% d’entre eux souffrent de troubles anxieux, 50 à 60% présentent une dépression sévère ou sont diagnostiqués bipolaires.
La comorbidité réciproque entre les tics et les TOC varie selon les études entre 20 et 60 %. D’autres comorbidités comprennent les phobies spécifiques (22%), la phobie sociale (18%), le trouble panique et l’état de stress post-traumatique.

Les obsessions et les compulsions peuvent assumer des formes très différentes, le mécanisme à la base de cette pathologie reste cependant le même.

Voici les formes de TOC les plus courantes :

  • Obsession de contamination → Rituels : lavage et nettoyage excessifs (du corps, des habits ou des objets = douches très longues, lavage constant des mains, ménage pendant des heures)
  • Obsession de doute ou d’erreur → Rituels : vérifications excessives, contrôles répétés (Ai-je bien fermé la porte ? Ai-je bien éteint la cuisinière ?)
  • Obsessions liées à la pensée magique (malheur et superstition) → Rituels : rituels conjuratoires (répétition de gestes ou de mots = toucher un objet ou répéter un mot un certain nombre de fois ; réciter des formules à haute voix ou mentalement ; compter)
  • Obsession de symétrie ou d’exactitude → Rituels : agencement, vérification (les objets doivent avoir une place précise ou être parfaitement symétriques)
  • Obsessions d’agressivité → Rituels : évitement, répétition, rites conjuratoires (éviter d’avoir un couteau chez soi ou de conduire une voiture de peur de tuer quelqu’un ; répéter des mots obscènes)
  • Obsessions sexuelles → Rituels : évitement (éviter de se trouver seul avec une personne de peur d’abuser d’elle sexuellement)
  • Obsessions religieuses → Rituels : répétition (prières, confessions, gestes)

Le diagnostic du TOC repose en majorité sur les signes cliniques d’obsession et /ou de compulsion qui doivent constituer une réelle perte de temps dans la journée du patient ou entraîner une souffrance et une détresse significatives.

Deux types de traitements peuvent apporter une amélioration de la qualité de vie, d’autant plus si le dépistage de la maladie a été précoce : la psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) avec exposition et prévention de la réponse et certains antidépresseurs sérotoninergiques (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine).
Le traitement psychothérapeutique consiste à mettre les patients en situations qui déclenchent l’obsession et/ou la compulsion, tout en les empêchant d’accomplir leur rituel. Par le biais d’exercices de difficulté progressive, au fil des séances le patient prend conscience de l’inutilité des rituels pour diminuer l’angoisse : le besoin compulsif de ritualiser s’évapore petit à petit.
Les antidépresseurs, quant à eux, agissent sur le fonctionnement du cerveau en régulant l’activité de la sérotonine, un neurotransmetteur qui permet aux neurones de communiquer entre eux.
La meilleure approche thérapeutique est souvent basée sur la combinaison des deux stratégies.
Dans des cas très sévères, la stimulation cérébrale profonde via des électrodes implantées dans le cerveau peut être la seule solution thérapeutique efficace.
En revanche, on sait aujourd’hui que la psychanalyse n’a aucun impact sur le TOC et n’a donc aucune efficacité.

Sources: Sites de l’Institut Français Du Cerveau et TCC-Apprendre la psychologie

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